Ce film est à l’art cinématographique ce que le hamburger est à la gastronomie : un peu gras, formaté, prévisible, aux épices cent fois utilisées pour cacher la vacuité des recettes. Il laisse un film huileux sur le palais et la langue. L’humour est lourdingue, les acteurs sur-jouent faute d’avoir quelque chose à jouer.
Mais ça marche gentiment, avec de luxueuses scènes de revue de fin d’année, appuyées et sans surprise. La chose qui, peut-être, retient l’attention, est l’idée de base : confronter un beau parleur progressiste façon gauche caviar à la réalité des migrants dont il proclame qu’ils doivent être accueillis. Comme c’est Clavier qui joue, nous avons droit à toute la gamme.
Dans Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu (054/085), les recettes étaient les mêmes. Débarquement immédiat était une catastrophe, comme quoi, il n’y a pas de bon dieu. Et il faut noter que ces productions se font avec le soutien généreux du tax shelter alors que la Belgique, une fois encore, n’apparaît qu’au générique. Et dans le décor de l’auditoire « Bénéton » du bâtiment Solvay, à l’ULB.
Le cinéma populaire, façon guignol, qui attire des spectateurs qui se sentent sociologues entre deux matchs de foot. Cependant ce film de comédie fait l’objet d’une polémique. Comme si les Rom ne pouvaient pas être caricaturés de façon humoristique (seul Allah en est digne), comme si leurs supposés travers ne pouvaient pas être soulignés de façon amusante (ça c’est pour les juifs uniquement) comme si l’image outrancière qui est donnée d’eux n’était réservée qu’aux auvergnats ou aux écossais. Se moquer bêtement des intellos, gauche caviar, c’est permis (Heureusement ; mais pour combien de temps encore ?).
Mais cette polémique stupide, cette instrumentation maladroite d’une comédie bon-enfant par des grincheux donneurs de leçons sans humour a au moins une vertu : celle de nous avoir épargné François Damiens qui aurait plombé le film plus encore, mais qui surtout, en refusant sa participation, promise initialement, a montré qu’il est lâche et que faire le Cow-Boy n’est pas son fort ; on s’en était déjà rendu compte.