Femmes sages. Voilà le type de film que l’on va voir avec appréhension. Comparer deux actrices comme l’on comparerait une crédence Louis XIII avec un vaisselier de Van de Velde. Le film commence mollement, tout nous est montré (le doigt sur la sonnette, la dame qui circule dans la rue du point A au point B) bref, cela s’annonce un peu plat, avec une musique façon Georges Delerue.
Puis petit à petit l’histoire se construit, les personnages apparaissent dans leurs singularités et leurs mystères et cela prend comme un roman qui a eu un peu de peine à capter l’attention dès les premières pages. Les deux actrices en question sont au mieux de leur forme, campant des personnages très contrastés, qui élaborent une relation improbable mais riche et touchante. La vie ne les a pas épargnées. Même l’amour semble surgir en la personne d’Olivier Gourmet qui embrasse aussi mal qu’il ne joue. Le genre de beauf qu’impose une coproduction Franco-Belge. (Le tax shelter employé cette fois à bon escient me semble-t-il)
Malgré ses efforts, Gourmet ne rompt pas le charme de ce récit singulier, un film qui raconte une histoire en dehors des sentiers battus, avec une écriture des dialogues très travaillée, un sens du rythme qui nous fait suivre les intrigues, les sous-intrigues mêlées de façon attentive et parfois émue. Le chef opérateur belge, Yves Cape, a réussi une très belle image, réaliste et embellie. Il n’y a pas que Catherine I et Catherine II, il y a aussi Mylène Demongeot, quel numéro ! Et Pauline Etienne, ma Chérie absolue (*La Religieuse e.a. (017) ) dont le directeur de la photographie était aussi Yves Cape). Martin Provost est un réalisateur très remarquable dans sa direction d’actrice (*Séraphine !) et ici, il maîtrise parfaitement son sujet. Un film très attachant qui fait naître des émotions inattendues.