Il s’agit d’un film issu de l’Afrique noire, un film noir, qui témoigne que de félicité, dans ces pays, il n’y a que le prénom, celui d’une dame d’âge mûr qui vit (mal) de son activité de chanteuse. Il lui arrive deux choses hautement symboliques : la panne de son réfrigérateur (en Afrique...) et l’accident grave de son fils, privé d’une jambe (comme quoi plus rien ne marche). Le film est (trop) long qui nous fait témoin de cette humanité à la dérive, dans laquelle les liens sociaux semblent à ce point emmêlés, qu’ils ne peuvent jamais être simples. La pression du manque d’argent, la désorganisation totale des soins de santé, l’abaissement moral qui fait de son plus proche compagnon d’infortune un prédateur sans le moindre scrupule, tout cela nous est montré longuement. Comment apprécier ce type de cinéma autrement qu’avec un regard d’anthropologue amateur, une sorte de voyage optique et sonore qui découvre une humanité totalement autre. Mais attachante. Celle de Kinshasa, à la dérive. Bref, si vous avez le courage de vous immerger dans ce chaudron, vous serez félicités.
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