Le film est superbe et délicieux à suivre. Un documentaire simple et bien structuré, qui nous montre une charmante gosse kazakhe, que son père initie à la chasse à l’aigle. C’est simple, dépaysant, d’une beauté soufflante et attendrissant. Un type de cinéma que j’affectionne particulièrement, car il donne à voir ce que l’on ne verra jamais : des populations rurales vivant dans des confins inaccessibles, des montagnes d’une aridité de fin du monde. Et des gens heureux malgré l’extrême rusticité de leurs existences.
Nous ne sommes pas dans le documentaire animalier façon Per-rin, mais dans une sorte de voyage Guide du routard dans des lieux envoûtants de Mongolie. Tout est montré avec bienveillance et lorsque le réalisateur essaye de filmer des hommes sexistes et traditionnels, cela nous vaut des scènes dignes de Tintin au Tibet, où des faciès ravinés, des regards perçants, n’arrivent jamais à nous faire peur, ni même craindre leur rigueur. L’aigle de Saint-Jean la lumière a retrouvé là son biotope naturel et sa dignité.