Voilà un film que tous les grands adolescents devraient voir. Le sujet « en arrière-plan » est l’extermination des juifs par les nazis et plus généralement le révisionnisme radical. A-t-on, au nom de la liberté d’expression, le droit de tout dire, de tout prétendre ? La question est, ici, traitée de façon complexe, juridique et peu philosophique, mais très émotionnelle. Existe-t-il des vérités alternatives ?
L’histoire vraie qui nous est contée, montre combien difficiles sont les exigences de la vérité historique, la résistance à ses variantes plus ou moins révisionnistes.
Le film est très bavard ; mais entre professeurs d’université et juristes, ce ne peut être La la land d’autant que les victimes sont là encore, qui observent douloureusement ce que l’Histoire fait de leur histoire. La complexité des procédures juridiques est bien expliquée et le spectateur prend conscience des enjeux techniques qui brouillent ce que le bon sens devrait suffire à imposer. Il y a des vues à Auschwitz, de nos jours, qui sont d’une émouvante densi-té, silencieuses et poignantes. On fait même pleurer le fil de fer barbelé. Le film ne restera pas comme un chef d’œuvre de l’histoire du cinéma, il est d’un classicisme un peu pesant, mais les acteurs sont tous excellents et le sujet dépasse de loin le moyen qui s’en est emparé.