Un film comme vous n’en avez jamais vu. Un univers d’une beauté et d’une sensualité délicate, décrit avec une imagination totalement nouvelle. Un double pari incroyablement réussi : celui de l’impossibilité de voir. Celui d’être invisible. Au cinéma s’il vous plaît... Et de conter une tendre histoire d’amour entre des êtres très singuliers, d’une puissante fragilité. Ce qui permet au spectateur d’entrer dans cette espèce de féerie, c’est la délicatesse exquise du jeu des acteurs, les voix off très soignées, charmantes, une musique qui étonne, surprend à chaque fois, séraphique, une photographie particulièrement imaginative et en adéquation avec le sujet. L’image est toujours belle, mais en plus, l’utilisation des flous, la diffusion, les cadrages d’une prodigieuse inventivité, les raccords de montage d’une audace subtile, tout concourt à créer cet univers que la rousseur rend flamboyant. Les trois actrices qui se succèdent sont
tellement singulières et analogues que l’on ne sent aucune gêne due à cette contrainte, celle du temps et de la vie qui transforme les êtres de leur naissance à leur maturité. Quel casting ! Si vous souhaitez prolonger la réflexion sur ce que la rousseur génère de singulier lisez : Réflexions sur la question rousse : Histoire littéraire d’un préjugé de Valérie André. L’ange roux... en couleur et en français. Il y a de la magie dans ce film et il s’en nourrit. Il nous susurre à l’oreille un onirisme composé de tendresse, de sensualité, d’inimaginable, d’ineffable. Et pourtant de tellement perceptible, grâce à la délicatesse qui, à chaque instant, guide le regard vers ce qui est invisible, généralement, et que ce film nous fait toucher des yeux et du cœur. (Il ne fallait pas oublier un des membres de la famille, Le Petit Prince, cousin littéraire et tutélaire de Mon Ange : On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux.)