Ce film est une dégustation de ce que les talents d’acteurs anglais peut proposer de plus raffiné. Dans une langue d’une délicieuse sophistication. L’histoire suit les méditations d’un homme dans la (grande) maturité que son passé d’étudiant rattrape, cette vie de collège ou le blazer et la cravate rayée bleu et rouge étaient les signes de reconnaissance absolus. Oui, nous avons vu et enten-du cela mille fois, et cette fois-ci est particulièrement astucieuse dans sa construction où s’emboitent, se mélangent, se répètent parfois, les moments clés et fugaces que nous avons sans doute tous vécus comme des carrefours où, en un instant, l’orientation de la vie prend une direction différente, imprévue, laissant un goût
d’inabouti. Un jour, peut-être, va-t-on pouvoir solder ces moments restés en suspend ? Laissez-vous entraîner dans cette histoire de vie qui donne un peu le tournis par sa complexité, par ses multiples chapitres qui s’entremêlent et se juxtaposent. Parfois maladroitement, avec quelques longueurs et des redites non nécessaires. Comme dans la vie quoi. Le précédent film du même réalisateur, The Lunch Box (080), avait ébloui par ce sens du récit minimaliste et si riche, si subtile. Le voici, avec les mêmes vertus narratives, dans une histoire so british. Le film n’est pas un chef d’œuvre, c’est un spectacle délicieux, amusant et émouvant. C’est aussi un double sens : celui de la fin d’un amour, le sens de la fin d’une vie.