Aucune Pénélope ne nous y attend. Nous sommes dans un processus très théâtral, sur une terrasse, à Cuba, où se retrouvent des amis bavards. Un femme médecin, 4 hommes, comme elle, dans la maturité. L’un d’eux revient d’Espagne. Très vite la joie des retrouvailles s’estompe pour faire place, dans un flot de paroles, à la description critique des destins de chacun. Tous très douloureux à cause d’un régime dictatorial avachi et sans aucune perspective. Sauf l’exil.
Lassant au début, le spectateur est pris de sympathie progressivement par ces échanges, ce dialogue abondant qui nous amène à comprendre, ressentir presque, ce que fut une chape de plomb, une sorte de mort de l’intelligence. L’artiste, la mère, l’ingénieur, l’écrivain, tous n’ont eu d’autre alternative que de s’écraser, ou partir. Et lorsque finit la nuit de bavardages cruels et douloureux, d’échanges rédempteurs, d’aveux, les larmes ont coulé, les cœurs se sont ouverts et le silence, enfin, a pris sa place. Quel témoignage d’un rêve qui a tourné au fiasco, que fit Castro.