Une promenade délicieuse, un peu nostalgique, genre fin de vie, d’une Agnès Varda toujours vive, mais à la vue déclinante et au maniérisme parfois irritant. Elle fait route avec un photographe singulier et, ensemble, ils mettent en image « les gens » qu’ils rencontrent de façon souvent incongrue, mais toujours originale et très humaine. Beaucoup de femmes !
Cela se regarde avec une infinie tendresse, un étonnement qui n’atteint pas la surprise, mais qui réchauffe le cœur, car les relations sont affectueuses, les intentions, bon enfant, et le climat de ce film particulièrement agréable ; provincial, dépourvu de sens, d’intentions précises. Mais plein de ce charme un peu désuet que permettent de ranimer des rencontres fortuites, des dialogues improvisés, des voix off parfois trop affectées. Une chose amusera les curieux, c’est le va-et-vient qu’impose le point de vue « sur » les réalisateurs, et le point de vue « des » réalisateurs.
Car ils sont autant sujets qu’objets dans cette démarche de voy(ag)eurs naïfs et charmants. Ils iront se recueillir sur la tombe de Cartier Bresson et de son épouse. Leurs façons à eux de payer un peu leur dette à cet inventeur des images, souvent engendrées dans le droit fil de ce style tutélaire.