Un film à voir, pour ses grandes qualités. Le récit est celui d’une jeune fille dont la maman meurt à la veille de l’été. La voilà chez son oncle, à la campagne, choyée par l’épouse de celui-ci, et
« jouant » avec leur fille de 3 ans, donc un peu plus jeune. La caméra est toujours à hauteur d’enfant, mobile, souple, captant avec une incroyable sagacité ces « moments » qui donnent aux enfants un air absolument spontané, naturel, et aux parents une capacité sensible, permettant de suivre des situations pleines d’imprévus avec les moments de tendresses, de tensions, une dramatisation subtile et qui sort totalement de l’ordinaire cinématographique.
Il se dégage de ce film une humanité, une sensibilité et une dou-leur très « justes », servies par des acteurs très naturels, aimants, même trop, même mal, mais dont la présence, petit à petit, aide à comprendre cette jeune orpheline dont le désastre intérieur ne peut laisser insensible : il est dépeint avec un immense talent. A remarquer, sans doute, les nombreux éléments de tensions qui apparaissent puis reviennent, s’imposent pour certains d’entre eux, restent en tapinois pour d’autres. C’est richement écrit, subtilement montré et d’une intensité bien contrôlée, durant tout le film.