Voilà un film très intéressant, original, interpellant, et dont la mise en forme est à la hauteur du propos. Suite au décès de sa mère un jeune adulte part à la recherche de son père, disparu d’une façon peu claire. La rencontre avec ce père sera, à proprement parler, extraordinaire. Tout cela est montré avec un immense tact, beaucoup de subtilité et un sens du récit qui maintient le spectateur dans une sorte de suspens pour savoir comment les choses vont évoluer. Tous les acteurs sont excellents, mais Fanny Ardant les surpasse de façon magistrale. A elle seule, elle bouleverse complètement nos codes, nos émotions et nos idées sur cette question si complexe, et si à la mode du « genre ». Il n’est pas maladroit d’avoir réservé un rôle central, comme un fil conducteur, au chat, à la chatte (on ne sait) de la maman défunte. Symbole malgré lui, ce félin est à lui seul une jolie parabole de ce qui nous est conté. Une autre
chose retient l’attention : il n’y a pas d’image avec un ciel. Sauf celle où, au début, le fils fait une pause le long d’une route, lieu que nous retrouverons au générique de fin. Astucieux, belle idée d’écriture visuelle. La photographie est très travaillée, sombre, comme les tableaux de certains maîtres italiens où dominent les tons de bois foncés, et où tranchent des taches rouges sang, de tissus surtout, du casque de moto, qui soulignent la tension dramatique entre ces deux êtres qui savent devoir trouver un chemin qui les rapproche. La bande sonore est à la hauteur du propos, avec de superbes voix de castra qui font écho à la problématique qui sous-tend ce moment de vie que nous partageons, avec une profonde sympathie. Le film est soutenu par le tax shelter belge qui une fois de plus ne sert qu’à financer un film français.