Un moment délicieux, musical, nostalgique et historique à la fois. Nous sommes sur cette frontière ténue du documentaire, du reportage, du film d’auteur. Un subtile mélange d’interviews, de voix off, de documents d’archives, avec des regards caméra, des dialogues, des tournages, qui témoignent de l’ordinaire et de l’extraordinaire. Et durant une période assez longue qui nous fait assister aux funérailles d’un des protagonistes : 18 mois de tournage ! Et une femme réalisatrice, à souligner.
Nous sommes amenés à nous intéresser, nous imprégner, de cette musique si particulière, à en comprendre les origines, à en partager les attachements. Les « gueules » des interprètes, leurs vies, sont absolument extraordinaires.
Et l’ambiance de bienveillante affection dans laquelle baigne ces récits est très touchante, exemplaire de ce que devrait être le
« vivre ensemble » tant évoqué de nos jours. Deux séquences qui voient intervenir le Président Obama font sentir plus cruellement encore, avec honte, la nullité de son successeur.