Le fils indigne. La mère courage. Un film intime, japonais, comme on les aime, mais très bavard, car l’essentiel des informations passent par les dialogues. Mais avec une infinie subtilité, une délicatesse et une singularité qui nous fait entrer dans une cellule familiale sinon en crise, du moins en questionnement. Et nous partageons, au fil des échanges, les joies et les frustrations, les petites lâchetés et les manques de cette mère de deux enfants adultes qui prennent la mesure critique de leurs propres existences et portent sur le jeune petit-fils de la famille, un regard
plein d’affection. Un typhon est annoncé qui passe puis s’éloigne. Comme un symbole de cette vigoureuse introspection familiale. Il n’y a pas de cerisier rose, de kimono, ni d’images typiques d’un Japon d’estampe. Mais une actualité sur un pays, une société très contemporaine avec des sensibilités subtiles et touchantes. Tous les acteurs sont d’une justesse parfaite. Et nous quittons la salle comme après un long séjour chez des amis très lointains qui ne nous ont rien caché.