Un bide. Car l’écriture du film est faite sur des post-it qui se mélangent, sans dire grand chose. Pourtant l’idée est intéressante de nous faire assister au tournage d’un film biopic sur la grande chanteuse Barbara, interprétée par une quasi sosie qui est tantôt dans son rôle, tantôt elle-même. Et le metteur en scène picore, l’air hagard, le long de ce film qui intègre aussi des images d’archives de l’artiste titulaire.
L’impression est que le souffle du génie, perceptible dans ses intentions, n’a pas pu soulever l’enthousiasme. Et la complexité de la construction, la sophistication du récit, le mélange des genres :
biopic, enquête, portrait de femme, reportage sur la création et le tournage d’un film, tout cela « enfume » les esprits, et il y a gros à parier que l’on entendra se pâmer les inconditionnels de l’amphigouri, gavés par ce spectacle claudicant, et qui le porteront aux nues.
Au moins l’actrice mérite-t-elle une certaine admiration, comme le travail fait sur les images. Les séquences d’archives, de reportage, de fiction, s’entremêlent visuellement avec des fulgurances quasi musicales. Bref ce film est au cinéma ce que la peinture cubiste est à la photographie, une déformation illisible de la réalité.