Film passionnant, mais un peu amidonné. Le monde qui nous est décrit est celui, proche, où Google - appelons-le par son nom que cache à peine celui de Circle, avec un C qui semble être un G et les deux même lettres de fin - où cette société tentaculaire saura tout sur tout et tous. Le mot chic pour qualifier ce genre de fiction funeste de l’avenir est « dystopie ».
Une jeune oie blanche entre au service de cette société très Sili-con Valley faite pour le bonheur de ses employés robotisés, avec leur enthousiaste consentement. Le décor évoque l’Apple Park, et la salle de conférence, le Steve Jobs Theater.
S’enchaînent alors des actions de plus en plus privatives des libertés démocratiques et individuelles, prétendument défendues par des idéaux infantiles. Tom Hanks est très savoureux, plein d’humanité, lui qui prive les autres de la leur. L’utilisation des parents, malades, est assez révélatrice du cynisme ambiant ; la solitude du kayak est une métaphore un peu plate. Mais le spectateur peut, sans être trop dérangé, se replonger dans les méditations nourries par 1984, Le meilleurs des mondes et autres récits qui sont recyclés et mis régulièrement au goût des nouvelles technologies.