Qu’ils y restent. L’idée est amusante et le scénario très laborieusement structuré pour nous en donner toutes les ressources. Il y a les scènes d’expositions, puis, avec les mêmes ingrédients, la femme apparente mais qui est l’homme et inversement. Alors on rit lourdement. D’autant que les acteurs, qui se donnent beaucoup de mal, n’arrivent pas à donner corps à leurs personnages.
Sur le plan privé, deux couples avec une liaison croisée et invivable pour les amants. Au travail deux personnes très impliquées. C’est du cinéma franchouillard bien léché par un réalisateur et un opérateur de films publicitaires qui confondent un spot et une scène, une campagne de pub et une structure narrative.
Et pourtant, il y a trois choses amusantes à observer pour tromper son ennui. La façon dont le quiproquo, mécanisme mille fois utilisé, est ici remis au goût du jour. Le mode de récit qui fait du spectateur le complice informé de ce que les protagonistes ignorent. Et enfin cette expression barbare de body swap qui indique qu’un corps est occupé par quelqu’un d’autre.
Et ajoutons encore une de ces façons de s’exprimer qui donnent, sinon l’impression d’être « L’un dans l’autre » au moins « d’être dans le coup » : Le magic device, ce moment souligné par des effets optiques, des petites étoiles, façon Fée Clochette, qui soulignent, pour le spectateur lambda, le moment où « cela se passe » : la ménagère épuisée qui découvre l’effet inattendu d’un produit nouveau, par exemple.
Vous en aurez une laborieuse illustration dans le film. Est-ce vraiment amusant ? Vous en jugerez devant la télé, un soir de pluie.