La Noce chez les Petits Bourgeois, côté cuisine. L’idée est amusante qui nous fait vivre le quotidien d’un organisateur de fêtes de mariage. Jean-Pierre Bacri est cet organisateur et le film décrit une longue et difficile journée pleine de rebondissements. Il y a des idées très bien trouvées, des personnages bien décrits, des dialogues qui font mouche. Le tout un peu hystérisé et trop caricatural. Si bien que le spectateur s’installe dans le fond de son siège en attendant le rebondissement suivant. Certains surprennent, d’autres sont prévisibles, parfois franchement lourdin-gues. Alors oui, on s’amuse, mais petit à petit on se lasse, et rien de neuf ne vient véritablement relancer l’histoire de ce naufrage annoncé. Le scénario tire même un peu sur certaines ficelles, revenant inutilement sur des situations qui étaient amusantes mais qui deviennent répétitives, à force de devoir faire du minutage. Le plus cruel, sans doute, est de constater que cet excellent
acteur qu’est Bacri n’a malheureusement qu’un seul style de jeu qui, à force d’être répété, finit par montrer sa limite. Une sorte de basse continue qui manque de mélodie. Cela n’enlève pas les mérites importants du film : une comédie « riche » par le casting, le faste des scènes, l’utilisation des lieux, et des numéros d’acteurs, qui laissent le souvenir de séquences bien enlevées. Mais qui manquent un peu de liant. La règle du jeu sans Renoir.
P.S. : La Noce chez les petits bourgeois (*Die Kleinbürgerhochzeit) est une pièce de théâtre en un acte du dramaturge allemand Ber-tolt Brecht, écrite en 1919 et créée le 11 décembre 1926 au Schaus-piel de Francfort dans une mise en scène de Melchior Vischer (DE). Œuvre de jeunesse, elle n’est publiée qu’en 1961, cinq ans après le décès de Brecht.