Un grand film de cinéma qui est l’expression d’un univers puissant, singulier, fascinant, comme l’était déjà Leviathan, un autre film russe au style si particulier du même réalisateur. Nous sommes ici amenés, presque par force, à contempler, longuement, sereinement, tout un récit montré en plans larges, peu mobiles mais dont les mouvements accompagnent le regard d’un scrutateur attentif. Panoramiques lents, travelling d’accompagnement, vaste profondeur de champs qui montrent des intérieurs parfois « simples » parfois de vrais décors d’opéra, délabrés, en ruine, images métaphoriques de la société russe, expression de la misère humaine qui envahit le destin de ces deux parents acculés aux confins d’un drame terrible, insurpassable. Il est possible de lire, entre les plans, une subtile critique sociale de la Russie d’aujourd’hui. Ne ratez pas l’entreprise dans laquelle travaille le protagoniste et les échanges entre employés attablés comme du bétail. Et quelques moments, que la police agrémente de son incurie inerte. Un film digne d’être aimé.
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