Passionnant. Un film comme il n’y en a aucun autre : il est peint, à la façon de Van Gogh, avec ces fortes touches de couleurs, laissant percevoir encore la pâte de ses coloris superbes. Mais il n’y a pas que l’univers enchanteur de ces images qui font de ce film une exception : il y a la subtilité du scénario et les partis pris narratifs qui en font une sorte d’enquête, avec des retours en arrière (subtilement montrés, eux, en noir et blanc) et qui permettent de redonner vie à Vincent Van Gogh lui-même.
Tous les personnages du film nous sont plus ou moins connus par la peinture de l’artiste et aussi par les bribes que nous savons de sa biographie. Tout cela est narré avec talent, finesse, non sans laisser planer entre les divers récits, les points de vue différents, une ambiguïté, un malaise qui ne nous quittera pas à la fin du film. Qu’est-il vraiment arrivé à cet homme ? C’est ce que le fils du facteur va tenter de savoir, contre son gré, en essayant de s’acquitter d’une tâche impossible : remettre la lettre d’un mort à un autre mort. Mais tout cela lui permet de redonner vie à ces personnages, dans leurs complexités et leurs mystères.