Un carré long ; très long. Mais d’une force créatrice peu ordinaire. Un homme, directeur de galerie d’art contemporain, vit les pires moments que ce métier semble provoquer. La confrontation avec deux créatifs publicitaires plus crétins que nature, pleins d’amphigouri, est l’une des saveurs du film. Il en est d’autres : la réduction à la simple mécanique de l’accouplement, latex compris. L’interview absolument désopilante qui donne la mesure du néant. Le ramassage par l’équipe de nettoyage d’une partie de l’œuvre trônant sur le sol, dans une salle du musée. Et un dîner ponctué par une sorte de flash mob en one man show, celle d’une espèce hybride entre l’homme et le singe. Grandiose. Mais soit... Il y a d’ailleurs un vrai singe que l’on aperçoit de-ci de-là. Très sympa et qui contribue à nos réflexions. Car ce film parle de façon métaphorique de la distance intersidérale entre la pauvreté, la misère, la solitude et
l’incroyable snobisme, les privilèges les plus outranciers de cette population qui se pâme devant l’incompréhensible qui devient un code de reconnaissance d’une élite, qui n’est reconnue que par elle. Turist/Snow therapy (104) était un film du même réalisateur, centré sur la dynamique familiale. Nous voici en plein dans le social et la complexité des rapports économiques entre individus. Il y a dans ce film une abondance de sujets, comme ceux abordés avec plus ou moins de désinvolture, de provocation et d’ennui, lors de ces échanges que permettent la vie mondaine, les dîners entre happy few, dans les place to be, histoire d’être vu là où « ça » se passe, sans que l’on ne sache ce qui se passe vraiment ; souvent rien, que l’expression des vanités humaines et l’angoisse de savoir ce que l’on dira de ce qui a été dit.