Une petite pépite. Les garçons et Guillaume à table! (092) avait déjà donné la mesure du talent d’un acteur devenu réalisateur. Ici, s’il n’est plus à l’image, il laisse toute la place à son actrice, Adeline D’Hermy, sortie de « nul-part » mais prodigieuse. Le film suit, durant plusieurs années, une petite oie blanche qui rêve de faire l’actrice. Au cinéma, au théâtre. Avec un sens de l’observation, une précision dans chaque détail, le parcours, tout est décrit de façon très fine et cruelle. Douloureuse. Tout cela dégage une grande
émotion, et de subtiles saynètes illustrent les épreuves, les humiliations et les joies de la vie d’une actrice « ordinaire ». Je peux vous dire que c’est bien vu, du vécu ! Le maquillage de Katje Van Damme, la photo de Beaucarne contribuent beaucoup à créer ce portrait tout en nuance, en douleur et en éclats de rire. Ces talents sont, avec la scripte et les studios de bruitage, les seules justifications, je crois de l’évasion fiscale organisée, une fois de plus, via le tax shelter au bénéfice d’un film franco-français.