Voilà un film tout à fait improbable, dont les images sont quasi toutes issues de boîtes de films oubliés, tournés par ce personnage de bandes dessinées. C’est d’une intelligence, d’un raffinement et d’un intérêt exceptionnel. Certes le sujet n’est pas de ceux qui attirent les adeptes des super héros. Et notre homme n’en est pas un. Il était une espèce de Tintin, dans sa version « explorateur ». Comme si l’on avait pu montrer Stanley ou Livingstone, en Afrique, eux. Et les images ramenées d’Amérique du Sud fascinent, même si elles sont parfois un peu répétitives. Ce Marquis a parcouru ces contrées à une époque où personne, venu d’Europe, n’y avait mis un pied. Bref, du tourisme avant que n’existe le terme, de l’ethnologie sans y être formé, un grand reporter équipé
de deux caméras de 40 kg chacune, une sorte de douce folie où se mêlent le goût de l’ailleurs et du dépaysement.
Il faut se laisser promener par ce film comme, sans doute, au fil de l’eau, des pirogues permettaient à des explorateurs de découvrir l’inconcevable.
En outre, ce documentaire est une belle réussite en terme de production : un sujet hors actualité, hors vedette, bien mieux qu’un portrait hâtivement brossé, comme il s’en voit tant à la télévision. Un spectacle rare qui fait naître l’envie d’en voir d’autres encore, issus des tréfonds de notre Cinémathèque.