Ce n’est pas par compartiments. C’est tous dans le même sac, tous pourris. Une belle production, très belge, qui n’a pas trop à souffrir d’Olivier Gourmet dans le 1er rôle ; mais on l’a échappé belle. La distribution est très riche, talentueuse, et donne une belle image du vivier d’actrices et d’acteurs belges qui ne demandent qu’à être mis en action dans un tel film qui rivalise, sans honte, avec des polars, des films thrillers et de gangsters de haut vol. Même si le scénario, ici ou là, accuse quelques faiblesses, des raccourcis ou des invraisemblances qu’il aurait été utile d’éviter par un travail en amont plus approfondi. En particulier pour que l’on comprenne que le massacre du début n’est vraiment pas l’œuvre du gangster qui
va faire son dernier casse avant de se « ranger des voitures ». Ce qui gêne plus, c’est le poujadisme, nourri de faits divers belges qui donne du travail de la police et des collusions supposées avec les arcanes judiciaires, une sorte de pseudo évidence sans le moindre élément pour l’étayer. Mais c’est dans l’air du temps : un peu des Tueurs fous, des attaques de fourgons, un soupçon de Haemers et son suicide par pendaison au radiateur... Tous y passent, du maton au ministre. Et il y a des images qui glorifient les crapules et banalisent les cadavres, qu’ils soient de ripoux ou de flics idéalistes, traités avec cynisme, sur pieds d’égalité. Un film très réussi ; pour tuer le temps. Car il n’y a pas mort d’homme.