Un film iranien, politique, austère et très intéressant. Mais ce n’est pas un feel good movie de fin d’année. Un homme fait de la pisciculture. Son épouse dirige une école. Et leur fils grandit dans cet univers très rigide, corrompu, sous la pression des radicaux religieux et des mafieux, qui font bon ménage.
L’histoire n’est pas simple à suivre, tortueuse, elle met en jeu des mécanismes narratifs qui, sans doute, reflètent bien la complexi-té, les paradoxes et les violences d’une société dans laquelle vivre simplement semble impossible.
Le film se mérite, car rien n’est expliqué de façon limpide, les particularités de la société iranienne nous échappent sans doute, mais reste ce sentiment que la défense de l’intégrité, le refus du compromis, de la soumission, sont des préoccupations universelles et le film en donne un écho très stylé, de belle qualité esthétique,
avec des acteurs tous convaincants et des tensions successives qui maintiennent l’attention, malgré un rythme général lent, un certain sens de la contemplation, laissant de longs moments de méditation, comme lorsque le héros va s’immerger et s’isoler, pour se resourcer et raffermir ses convictions morales et éthiques.
Voilà sans doute un film qui fera l’objet d’exégèses et d’utilisations pour cinéphiles pointus. Ils auront de quoi se mettre sous la paupière. Et auront de la considération pour ce cinéaste qui paye de sa personne, prend des risques pour sa propre liberté, en critiquant un régime et une pensée obscurantiste qui ne le tolère pas.