Ce titre étrange est le nom donné à un camping-car par un couple qui, au soir de sa vie, s’en sert pour une ultime escapade. Ne ratez pas le voyage, il est exceptionnel. Son réalisateur, un briscard du cinéma italien, a ébloui déjà par La Pazza gioia (288) qui, de façon sublime, met en scène des acteurs effervescents. Et c’est sans doute le talent de directeur d’acteurs qui rend ce film-ci exceptionnel. D’autant qu’un road movie de deux vieux en camping car n’est pas, à priori, le sujet le plus fun qui puisse être. Détrompez-vous et allez vous assoir sur la banquette arrière, vous serez amusés, éblouis, émus et profondément touchés par ces deux personnages, l’un Alzheimer débutant, l’autre cancéreuse en fin de traitement, qui ont le culot de se payer du bon temps. Il ne faut rien dire de plus, car la découverte de
chaque moment de ce récit crépusculaire est une aube d’espérance. Vouloir encore se faire plaisir, se témoigner d’un amour inoxydable, malgré les coups de canifs, profiter de chaque moment, en sachant qu’il n’y en aura plus beaucoup, c’est un bonheur roboratif à partager absolument. Amour, de Michael Haneke (022) sur le même sujet, vous plombait le moral. Ici, vous aurez l’envie d’un bon Chianti et de pâtes fraiches, même si l’on traverse une Amérique « profonde » en y croisant des spécimens humains d’une réjouissante diversité. La Paza gioia déjà traitait, de même, sous l’angle de la chaleureuse tendresse et de l’humour, un sujet semblable qui nous concerne tous inexorablement : la fin de nos vies. Ici, c’est un bain de jouvence.