Le film est à l’image du personnage décrit : fort, colossal, lourd, assertif. Et souvent drôle. Ce qui peut paraître provoquant, lorsque l’on s’empare du récit des ces semaines cruciales où l’Angleterre fit le choix déterminé de refuser de pactiser avec le IIIe Reich ; ce qui fut un moment envisagé, le film le rappelle avec à propos ! L’histoire risque toujours de devenir hagiographique. Ici, ce travers est évité. De toute sorte d’amusantes façons. Et le spectacle fait honneur au cinéma « historique » qui a, pour horizon, la reconstitution des images du passé (le blockhouse de commandement est e.a. un décor peu ordinaire, comme le Parlement qui fut bombardé et jamais reconstruit à l’identique). Certains moments parlementaires ou royaux sont superbement mis en scène. Vous
découvrirez comment un réalisateur fait le lien entre sa mise en image et les menaces venues du ciel, rappelées par de brillants mouvements de caméra. Mais, surtout, le film attache par l’intérêt des personnages qui s’y confrontent, tous interprétés de façon verry british, ce qui donne au film une saveur dont la tragédie de ces heures sombres avait besoin pour ne pas sombrer dans le bio-pic convenu. C’était hélas une chose qui caractérisait l’un des précédents films de Wright : Anna Karenina (023). Ici l’histoire vraie, tragique (Dunkerque à nouveau) confère à ce film une aura que la nécessité de ne pas oublier impose, pour que jamais ne renaisse la bête immonde.