Un film passionnant. Et d’un très grand intérêt car, comme un combat de David contre Goliath, il décrit la confrontation de deux pouvoirs, de deux raisons d’agir : la défense de la Nation et la Liberté de la presse. Le 2e et le 4e pouvoir.
La période choisie est celle de la guerre du Vietnam, et le prétexte, la publication de rapports classés « Secret Défense ».
Le film est d’une écriture très classique, chronologique et sans grande originalité. Ce qui en fait sa grandeur, c’est la qualité des acteurs, tous. La reconstitution de l’époque, et en particulier celle de la fabrication d’un journal au temps des linotypes. Mais le sujet est évidemment d’une actualité brûlante, et son traitement est riche, sans être trop manichéen. Un peu « tenue de soirée » avec plastrons amidonnés et cheveux gominés, mais c’est l’époque qui le veut. La musique de John Williams contribue à cette ambiance empesée.
Le scénario nécessite de bien s’accrocher pour comprendre toutes les strates qui se superposent dans le récit, mais à juste raison. Et la courte séquence de fin est la cerise sur le gâteau, car chacun sait la suite qui sera réservée à l’action évoquée, qu’un seul nom, connu depuis à travers le monde, résume.
Nous sommes souvent irrités par les journalistes, en particulier lorsqu’ils abordent un sujet que l’on croit mieux connaître qu’eux. Il faut se souvenir que « les journalistes écrivent les brouillons de l’histoire ». Et ici, l’histoire étant connue, le travail des journalistes, et de ceux qui les soutiennent, est mis à l’honneur. En cette période de « lanceur d’alerte », fake news et autres leaks, la chose mérite d’être mise en lumière. De brillante façon.