Titre étrange et peu explicite pour le mélange de trois choses ; et ce ne sont ni des clous, ni de l’anti-herbe, ni du gazole. Mais la tragédie foudroyante des survivants d’un attentat, les détours terribles de la Justice des hommes et la tentation, je devrais écrire
« les » tentations, qui en sont les conséquences. Voilà donc un film qui n’est pas de la gaudriole, il bouleverse profondément, en son début surtout. Puis, ayant « partagé », en quelque sorte, le drame évoqué par le scénario et très bien mis en scène, une certaine distance s’installe, qui laisse plus la place à la réflexion :
celle du procès de ces gens qui, par leurs actes, se sont exclus du genre humain. Et troisième « acte », celui de la solitude face à un destin insurmontable. Comment survivre ? Et est-ce possible ? Le traitement est sans angélisme ; les personnages ont tous leur part d’ombre, les acteurs sont magnifiques, inconnus ici, car issus de l’Allemagne. Diane Kruger n’a pas usurpé son titre à Cannes. L’image est âpre, et ne vous y trompez pas : la pluie omniprésente fait ensuite place au soleil ; mais la lumière est parfois trompeuse et n’amène pas nécessairement la clarté espérée.