Un film d’une rare qualité, inspiré par la guerre en Syrie, et par toutes les guerres civiles contemporaines. D’une intensité exceptionnelle, d’une intériorité dans chacun des destins installés par la force des circonstances dans un seul appartement, le dernier occupé dans l’immeuble, par rien moins que 10 personnes.
Huis clos à double tour, qui commence au lever du jour et se terminera à l’aube du lendemain. Les événements se succèdent, et ce qui impressionne d’abord en suivant l’histoire du film, c’est l’immense qualité du scénario. L’auteur-réalisateur a accompli là un travail rarement aussi bien réussi, sans puiser son inspiration ail-leurs que dans les journaux, l’actualité, les récits, et son immense compassion que l’on sent à sa façon sensible de filmer, d’enregistrer sur la pellicule, (je devrais dire sur les fichiers numériques...) cet effroyable quotidien. Et cela en plan serré, car dans un appartement exigu, comment imaginer des plans d’ensemble, sauf
à aligner ses personnages accroupis sous les tables, et les filmer en enfilade lorsque, regroupés par la peur, ils s’agglutinent pour se réconforter un peu.
Si le film s’inscrit dans une nette militance antimilitariste, il n’est pas du tout un film à courte vue, car les destins ainsi bouleversés sous nos yeux concernent chacun. Par d’innombrables aspects de la vie, la plus quotidienne.
A découvrir absolument, et vous constaterez que les prix amoncelés déjà pour ce film, le sont à juste raison. Et comme la production est essentiellement financée par le tax shelter belge, vous vous réjouirez, comme moi, que l’on puisse ainsi aider une cinématographie qui dépasse, et de loin, notre Fédération Wallonie Bruxelles, ce « machin » qui parfois porte le regard sur le monde, et pas seulement sur les films français formatés.