A voir absolument dans le genre « film de société ». Extrêmement émouvant et pathétique. Le titre est un jeu de mot simple et à propos, un double sens : celui qui vient à l’esprit d’abord fait référence à l’usage des armes blanches, l’autre suggère que tout sera fait par le parent jusqu’à (ce qu’il obtienne) la garde de son enfant.
Nous voilà donc dans une situation très banale et douloureuse : un couple se sépare ; on ne sait trop pourquoi, et le doute planera longtemps sur les responsabilités réciproques de cet échec. Et comme souvent, les enfants en font les frais. La fille atteignant ses 18 ans va prendre son envol, le fils, lui, va subir les pires pressions, celles d’un père aveuglé par le chagrin, certes, mais qui en perd la raison pour reprendre le titre d’un autre film.
Ce qui rend ce film-ci particulièrement bouleversant, c’est sa modeste banalité ; l’histoire se développe d’incidents en confrontations, d’éclats en repentirs. Et le fils est le point d’appui de ce levier douloureux, il fait office de charnière lorsque s’ouvrent les comportements les plus abjectement ordinaires de parents à la dérive. Tout cela est filmé d’une façon simple, apparemment, classique pourrait-on dire. Mais soyez attentifs aux placements de caméra qui « forcent » le regard, là précisément où le réalisateur veut porter le fer. La construction en crescendo est simple et forte, très maitrisée dans le rythme, et l’apothéose est de celles qui marquent l’histoire du cinéma, comme celle des spectateurs. C’est aux talents des acteurs que l’on doit l’essentiel de l’émotion intense ressentie durant tout le film.