Ben, on n’a pas vu grand chose... Le film se veut une enquête sur une histoire, comme chaque fois, aussi incroyable que ridicule, celle d’une dévotion hystérique provoquée par le récit d’une prétendue apparition de la Vierge, rassurez-vous, avec son mantaux bleu, et qui parlait français.
L’enquête est menée à la demande d’un Monseigneur, par une commission dans laquelle s’immisce un athée, le personnage central que nous suivons laborieusement pendant tout le film. Et il n’est pas le seul à ne pas comprendre ce qui se passe. Lorsqu’il semble décrypter les mystères de cette folie, le spectateur lamb-da reste sur sa faim tant les choses sont confuses, arbitraires, peu crédibles. Ce qui en matière de foi est rédhibitoire.
Vincent Lindon est égal à lui-même : de nombreuses répliques sont inaudibles tant il mange ses mots. Galatea Bellugi est la jeune comédienne, très impressionnante, qui confirme le talent éclatant découvert dans Keeper (193).
Le film part un peu dans tout « l’essence ». Mauvais jeu de mots, mais qui reflète le désarroi dans lequel le film laisse le spectateur, baladé de sujets intéressants, esquissés, en longueurs répétitives dans un film inutilement lourd qui n’arrive pas vraiment à s’envoler ; pas d’élévation, ni d’assomption, pas de miracle, une sorte de brouillon.