L’autre chose est le goût appuyé pour les anecdotes sexuelles qui effarent, tant les gens qui les évoquent, ou à propos desquelles elles sont évoquées, sont ravalés au rang de bestiaux. Ce n’est pas le récit de leurs (més)aventures qui me posent le moindre problème, c’est la façon de les évoquer avec un excès appuyé, semblable à celui d’un gamin qui se fait une tartine de Nutella. C’est écœurant, indigeste, mauvais pour la santé, mais c’est irrésistible. Et les réalisateurs n’ont pas résisté : ils en remettent sur toutes les perversions, sans se rendre compte que c’est la leur qu’ils dévoilent (inconsciemment ?). Et le spectateur déguste cela en se salissant, comme avec le Nutella, autour de la bouche et sur les doigts.
Le comble sans doute est le moment de l’autopsie d’un corps déterré. Je ne prétends pas défendre le respect hystérique des sépultures, ni l’inviolabilité d’un cercueil. Mais je ne peux imaginer ce que serait la pensée des proches, des parents, de la famille de la personne dont le corps est ainsi livré aux commentaires et aux actes les plus irrespectueux qui puissent être. Les actes irrespectueux ne sont pas ceux du médecin légiste, ce sont ceux commis par ces voyeurs de mauvais goût, pourvoyeurs de cette honte d’appartenir à cette espèce qui veut faire rire de tout avec tout le monde. Cela n’est pas prudent, et ce film en est la démonstration nauséabonde.
L’instrumentalisation, dans le titre, d’un mouvement féministe honorable, qui crée l’ambiguïté entre la juge et la pute, devrait déjà suffire à provoquer une certaine insoumission à cette veulerie qui se cache derrière les éclats de rire.
Dieudonné est seul en scène. Ici il y a des justiciables qui sont à jamais piétinés par la muflerie voyeuriste de gens qui ne semblent pas capables de passer par le biais de la fiction.
Ce film a des relents de Ça c’est passé près de chez vous qui a mis les rieurs de son côté, au mépris des victimes innocentes des propos et des situations imaginées. Au moins était-ce de la fiction...