Le film aborde un sujet « noble » et, à ma connaissance, peu trai-té : celui des juifs allemands ayant survécus et qui, après la guerre, essayent pour certains, de partir aux E.U. ou en Palestine et, pour d’autres, de redémarrer une activité sur place. Le film entremêle plusieurs niveaux de récits : l’humour juif, les stigmates tragiques du conflit à peine arrêté, une sorte d’enquête policière, une romance, des rivalités interpersonnelles... Si bien que l’on ne perçoit pas exactement quel est le propos du film. Une tranche de vie, pourquoi pas... Mais les enjeux manquent de force, souvent de clar-té. Et comme les acteurs sont généralement quelconques, suivre
l’histoire demande une certaine bonne volonté. Qui est méritée. Si l’image de Virginie Saint-Martin est très cohérente et donne une belle personnalité esthétique au film, le décors n’arrive pas à faire oublier que c’est une reconstitution. Bref, un film qui mérite d’être vu, mais sans grandes attentes. Et qui pose la question de savoir si les thèmes abordés (avidité de l’argent, commerce de roublards, solidarité communautaire,...) ne sont pas de ceux qui nourrissent un certain rejet social, le racisme ordinaire. Imaginons un peu que soit dépeinte de la sorte une communauté turque, africaine ou musulmane ; je me demande le tollé que cela provoquerait.