Please, don’t anwer ! Une leçon de cinéma : tout ce qu’il ne faut pas faire. Et pendant 2 heures et 12 minutes qui semblent une éterni-té. Pourtant le sujet paraît prometteur : entrer dans l’intimité d’un couple homosexuel depuis leur rencontre. Celle-ci a lieu dans une résidence d’été où un couple d’intellectuels délicieux passe un été qui s’annonce plaisant avec leur fils et un doctorant américain parachuté là, sans que l’on ne sache ni d’où il vient ni ce qu’il vient y faire, sauf échanger des propos convenus sur la statuaire antique. Les scènes s’enchaînent de plus en plus longues, répétitives, aussi mal jouées que mal filmées, dans un chaos photographique qui fait mal aux yeux, un usage maladroit et snobinard de la musique et des échanges de propos d’une sophistication de salon de
thé pour intellos désabusés. Bien entendu Praxitèle et Le Tireur d’épine tentent vaguement de créer cette mystérieuse émotion que peut générer, pour un homme, le corps d’un autre homme. Quelques ravissantes jeunes filles en fleur tentent en vain de garder ces messieurs dans le droit chemin. Tout cela est pataud, le récit n’avance que par la volonté du scénariste, qui n’est rien moins que James Ivory. Dans une tragique méforme. Alors, se gargariser d’un film tourné sur pellicule, avec une seule focale, cherchant le charme des années 80, mettant en scène, tout à la fin, une sorte de monologue testamentaire (et admirable) du père, tout cela ne fait pas un film.