Film important mais décevant. Il s’agit de raconter l’histoire de La Callas, sujet déjà bien labouré dans Callas for Ever avec Fanny Ar-dant (qui revient ici mais par la voix seulement) et par le documentaire remarquable de Philippe Kolhy, Maria Callas Assoluta. Le pari, à mon estime raté, de ce film est de n’utiliser que des documents d’archive. Beau défi.
Mais l’intérêt du film vient de l’analyse de tout ce qui ne fonctionne pas.
D’abord l’absence de point de vue du réalisateur ; il patauge dans ses séquences qui, grosso modo, sont montées chronologiquement, mais tout de même avec quelques écarts. La restauration des images soulève un grave problème, celui du respect de l’original d’époque dont on impose la vision médiocre, alors qu’à l’évidence, un travail aurait pu être fait qui ne l’a pas été.
Autre grave problème, mal résolu, celui des durées de la Diva lors-qu’elle chante. C’est magnifique, certes, mais devient trop long car l’on est embarqué dans un biopic sans fiction. Et sans rythme. Quant au personnage de la chanteuse, l’image qui en est donnée est sans finesse, sans nuance, elle est engoncée dans ses breloques aux pesants carats, et ses coiffures qui ont certainement contribué au réchauffement de la planète. Pas d’émotion, et le passage de Jacqueline Kennedy, surnommée alors LA DALLAS par Pascal Thomas, semble traité avec une espèce de gêne qu’une pudeur soudaine ne justifie pas.
Et comme l’histoire est connue et le scénario peu réfléchi, le film enchaîne les fins nombreuses et successives, jusqu’à user la patience des mélomanes qui sont piégés par un film de presse people assez banal.