Black Out ou Le SUPER ZÉRO. Je ne devrais pas aller voir ce genre de film, mais il n’y avait rien d’autre à me mettre sous la paupière ce jour là, et, par ailleurs, c’est un immense succès du Box Office. Donc j’ai surmonté mon aversion pour les jeux vidéo, les bandes dessinées infantiles, et les récits crétins qui s’apparentent à des uchronies dans lesquelles tout est, si j’ose dire, blanc ou noir, arbitraire et sans surprise.
Et le film commence en marchant sur les plates-bandes du Créateur lui-même, rien de moins...
Ce qui amuse, c’est évidemment que le super héros est noir. Cela frise parfois le racisme à rebours, mais c’est la loi du genre. Remarquez autour de vous les maquillages/tatouages adoptés déjà par certaines (très jolies) femmes qui se peignent des ronds blancs en archipel sur la peau noire de leurs pommettes. Le récit propose une alternance d’explications tarabiscotées, de dialogues qui donnent aux tweets le statut de discours sur l’état de l’Union. Les échanges entre ces personnages de Guignol sont structurés toujours sujet/verbe/complément. Tout qualificatif serait ressenti comme un écart de langage et une subordonnée comme une longueur.
Alors pour rompre l’ennui, on se tape sur la tronche, et joyeusement. Plusieurs grandes batailles font l’objet d’un spectacle d’une violence et d’une brutalité que le spectateur doit évidemment prendre au second degré, lui qui peine déjà à se maintenir au premier. Bref la banalisation de la sauvagerie. Le tout pour la prétendue défense d’idéaux à côté desquels Daesh passe pour une synthèse de Kant et de Foucaud.
Avec une incompréhensible tentative de relier cette fantasmagorie au réel, aux faubourgs dans lesquels quelques gosses jouent au basket.
Ce qui force l’admiration de ce spectacle, c’est l’extraordinaire maîtrise des effets en 3D. Pour ce qui est de la musique, n’oubliez pas vos boules Quies.