C’est le nom d’un cheval. Le film est « lourd » émotionnellement, repose sur un seul personnage, adolescent, issu d’un milieu très
« quart monde » de l’Amérique profonde.
L’acteur est saisissant de justesse et à travers les épreuves (et les soutiens rustauds) par lesquels il passe, une empathie se crée et le spectateur est de plus en plus mal à l’aise « que de telles choses existent ».
Aucune concession aux ficelles scénaristiques ; tout est « brut de décoffrage », comme par exemple le traitement photographique. Les personnages croisés le long de ce chemin de croix sont tous victimes d’un système qui permet le luxe le plus ostentatoire et la misère la plus noire.
Je vais proposer un concept de catégorisation des films, à côté de feel good, comédie sentimentale, uchronie, gore, biopic, polar, cinéma du réel, blockbuster, épopée authentique, road movie, etc. Que penseriez-vous d’un Cinéma de l’effarement ? Ce film en est, me semble-t-il, un bon exemple. Un précédent film de ce réalisateur 45 Years (218), montrait déjà l’acuité de son regard sur les groupes humains. Ici, c’est une nouvelle fois un anglais qui dépeint certains aspects de l’Amérique, sans concession, mais avec talent.
Pour mémoire, ces films qui ont réussi, me semble-t-il, ce même tour de force par un regard anthropologique : Hell or High Water
- Commancheria de David Mackenzie (307) American Honey de Andrea Arnold (359)