Un Western pur jus. Tout y est, depuis un prologue façon Sergio Leone, jusqu’à la confrontation à la vie, à la mort. Les personnages sont caricaturaux, sans excès, mais tous très savoureux. Ils font une surenchère à celui qui parlera de la façon la plus incompréhensible, en mâchant les mots prononcés avec un accent qui sent le cuir et le mauvais alcool. La langue cheyenne est utilisée, ce qui donne au film une petite touche d’anthropologie de terrain que le soin mis aux costumes, à de nombreux détails, accentue encore. Les images sont belles, les effets techniques et les cascades spectaculaires. L’histoire est verrouillée dès le début par une confrontation, une mise au point, une mise au pas, qui définissent la mission. Et celle-ci ne se déroulera pas comme une cérémonie de première communion ! Alors tous les poncifs sont appelés à la rescousse : le bon noir, les Comanches redoutés, les
Cheyennes qui deviennent alliés, les bons sentiments politiquement correctes dégoulinent comme le sang des blessures parfois mortelles. Les chapitres du film sont ponctués par des images grandioses de la caravane livrée à elle-même dans des paysages impressionnants, les bivouacs se succèdent, apportant, chaque fois, leur lot d’événements dramatiques. Le film avance un peu lentement, chapitre après chapitre. Les rebondissements de l’histoire semblent parfois un peu mécaniques, caricaturaux. Cela contribue sans doute à la rugosité des personnages, à la brutali-té ambiante. Le savoir-faire de tous les intervenants, réalisateur, acteurs, chef opérateur, costumière, cascadeurs, compositeur d’une musique à contre-pied de la grandiloquence habituelle, etc. font de ce film un spectacle excellent pour qui aime ce genre de cinéma et d’histoire.