Crétinissime et flamboyant. Lorsque, comme moi, l’on n’a que des préjugés sur les jeux vidéo sans jamais en avoir pratiqué, l’idée d’y être initié par l’un des maîtres absolus du cinématographe, c’est tentant. Et l’on n’est pas déçu. Tout est somptueux, et la séquence de début, en 2045, est en soi, un morceau de bravoure. Ensuite s’installe un peu laborieusement les (en)jeux de l’intrigue : une recherche au trésor. Les bons, les mauvais, les savants fous, la jolie héroïne, une multiculturalité de bon aloi, blancs, noirs, jaunes, rouges... Et de nombreux aller-retour entre un monde « réel » et un monde de synthèse. Ce qui amuse, c’est le nombre considérable de citations cinématographiques qui parcourent le récit.
King Kong lui-même revient, les portes sanglantes de l’ascenseur rappellent de bons souvenirs, Alien rejaillit avec ferveur, et je laisse aux cinéphiles le soin de compléter la liste, longues, de ces clins d’yeux amusants. Le rythme de l’action et du montage, la luxuriance des effets spéciaux, la musique tonitruante, font de ce spectacle un sommet qui restera sans doute longtemps insurpassable. Il faut admettre qu’après la vision d’un tel film on est, comme une éponge, gorgé d’images qui vous sortent des yeux. Les techniques mises en œuvre, le talent de la direction artistique, la vigueur du récit, imposent le respect. Même si l’on n’est pas prêt à jouer ce type de jeux.