Les Bienveillantes, en version film. Terrible. Ce genre de film n’est pas pour toutes les sensibilités mais devrait être montré à tous les nostalgiques du IIIe Reich, aux révisionnistes, à tous les soutiens de Assad, des Serbes, des Hutus et génocidaires de tous poils.
Le film semble être le récit d’une histoire vraie, celle qui prend naissance en avril 1945, dans la boue d’une Allemagne qui sort de son dernier hiver de guerre, exténuée, en proie aux désertions, aux pires exactions et à l’arbitraire de soldats formés par le régime abject qui s’effondre. Point n’est besoin d’évoquer ici les scènes terribles qui nous sont montrées, longuement, lourdement, mais utilement, pour prendre la juste mesure de la barbarie. Le noir et blanc accentuent encore le côté « vrai » du récit.
Le film est excellemment interprété, mis en scène avec un recours systématique aux focales courtes qui nous mettent « sous le nez » la face immonde des bourreaux sanguinaires. Le récit titube de mi-ni-événements, en scènes de décadence et d’horreur, sans jamais s’embourber. Mais il révèle des situations et des comportements que l’on croyait à jamais impossibles et dont, hélas l’histoire, la plus contemporaine, montre que nous n’en sommes pas débarrassés, tels Orban, Bastion social, Ligues, CasaPound, Groupe Union Défense, et autres activistes de l’ultra droite, comme si l’histoire n’apprenait rien. Donc à voir, pour savoir. Et prévoir.