Rappelons d’abord que ce réalisateur, très souvent primé, est issu du théâtre et encensé par une fraction non négligeable de cinéphiles et de critiques. Son film La Graine et le Mulet m’a laissé le souvenir d’une rare réussite. Puis vint La Vie d’Adèle, film adulé que j’ai trouvé infâme, malgré ses qualités esthétiques et narratives.
Ce film-ci, c’est « bas les masques », une nullité incomparable, répétitive, ennuyeuse et sans histoire.
La scène de début du film n’est qu’une banale séquence de porno chic : un couple prend son pied avec ardeur sous le regard d’un jeune homme (rôle central) qui « matte » à l’insu de ces joyeux amants. C’est filmé avec tous les codes de la pornographie, le corps de la femme étant montré comme de la viande. Bon appétit messieurs.
MEKTOUB veut dire « destin » et toute cette jeunesse réunie sous les yeux des parents, cherche une réponse à leur sensualité, à leurs questionnements infantiles sur leur avenir. Quelques jeunes actrices retiennent l’attention par leur beauté et leur jeu délié et naturel.
Il y a une prétention scénaristique incompréhensible à situer l’histoire dans les années 90 du siècle dernier. Ce qui est intenable, car les acteurs et actrices, très libres de leurs répliques, utilisent un langage actuel qui fait complétement oublier ce postulat dépour-vu d’ailleurs de sens.
Tout le blabla intellectualisant sur cette séquence du début, pleine de sous entendus, qui donnerait le cadre de l’histoire et autres élucubrations, n’est que de la poudre aux yeux. Après cela, comme trois heures nous attendent, l’on s’apprête à contempler des copulations à un rythme soutenu comme dans La Vie d’Adèle. En fait de sexe, l’on ne verra plus que celui d’une brebis qui agnèle. Tout le reste du film est d’un ennui répétitif et incommensurable. Les séquences alternent en soirées en boites de nuits et sorties plage, permettant au cadreur – un véritable forçat – de filmer des petits culs moulés dans des shorts trop shorts et des mini bikinis laissant voir l’arrondi du bas des fesses.
Un film mystificateur, dégoulinant d’ennui et qui commence de façon très troublante par une exergue aussi fumeuse que le film, évoquant La lumière de la Bible et Les Lumières du Coran. Rien n’est plus obscure. Et inquiétant…