Vous prendrez votre pied à la vision de ce film « Very British », fait d’humour et de tendresse, d’un soupçon de cynisme et de beaucoup d’originalité.
D’abord par la « tranche d’âge » des protagonistes, tous à l’aube de leur troisième âge, avec les blessures, les cicatrices, les déceptions qui sont le lot commun. C’est à l’une de ces mères et grand mères que l’on s’intéresse en particulier. Elle quitte sa famille pour rejoindre sa sœur. Cela est extravagant, un saut culturel, une confrontation de deux univers si proches et cependant tellement différents.
La distribution des rôles est – comme le cinéma anglais nous le laisse espérer – absolument parfaite. On retrouve Timothy Spall qui était sensationnel dans The Party (447). Imelda Staunton est parfaite dans le choc des civilisations. Le réalisateur est un vieux renard du cinématographe et il a un sens du rythme, de la durée des plans, des séquences, qui fait de cette comédie une pure merveille, une véritable marqueterie dans laquelle chaque petit morceau brille avec éclat.
Les costumes, les décors et l’accessoirisation sont des exemples parfaits de ce qui peut donner à ce genre de film une « vérité » si rare à recréer et qui caractérise, à mes yeux, le « bon » cinéma, ce que les productions françaises, généralement, n’arrivent pas à faire, laissant des stylistes, des décorateurs de catalogue Ikea, gâcher l’ambiance. Ici, c’est la vie même qui est filmée à un moment où il est admis qu’elle passe doucement à l’ombre, alors même que le soleil du désir de bonheur reprend ses droits. Ne ratez pas cette piece of cake même s’il est de bon ton dans la critique pédante de prendre ce genre avec des pincettes.