Mais pas amoureux du film. Ça démarre très bien, sur une bonne idée, celle déjà exploitée du « repas, du dîner » dont on sait qu’il sera révélateur de mille choses et qu’il va tourner au pugilat. Ici, un couple reçoit l’ami de toujours avec sa nouvelle compagne.
Auteuil et Depardieu sont d’immenses comédiens et rien que l’idée qu’ils doivent se commettre dans ce genre boulevardier, de comédie franchouillarde, fait mal au cœur. Sandrine Kiberlain se défend pas mal dans les deux ou trois scènes qui lui laissent une petite place, en plus de quelques répliques supposées devenir culte. Adriana Ugarte dans le rôle stéréotypé de la belle idiote ne manque pas de charme.
Mais le film, dès que le principe comique est en place, se répète, tourne en rond et jamais ne décolle. Ce qui nous laisse tout le loisir de contempler le comble du stylisme du cinéma français, catalogue de Femme d’Aujourd’hui et autres revues style « Ma Maison » qui sont un désastre de médiocrité sans style, sans caractère. Ce qui contribue à plomber le film. Comme une pierre plate lancée
pour faire des ricochets, le scénario rebondit de moins en moins pour finir par s’abîmer pitoyablement.
Et petit couplet sur le détournement de l’argent publique des contribuables belges, le tax shelter a été une fois de plus détourné de façon éhontée pour permettre une coproduction « belge » qui, si elle est défendable techniquement ne correspond strictement en rien à la défense de notre cinématographie. (Je salue ici Henri Morelle, l’ingénieur du son grâce à qui sans doute, pour une fois, les dialogues de ce film français sont intelligibles)