Film exigeant, très haut de gamme, d’une qualité, d’une intelligence rare, mais austère. Film israélien et cela n’est pas indifférent, même si le pays est peu présent. Mais un aspect quotidien de la vie de ses citoyens tient le rôle central. Le film est très
« construit » en 4 chapitres (et non 3 comme écrit dans d’autres textes de commentaires). Nous vivons d’abord un huis clos qui est très dramatique. Filmé avec une distinction, une élégance parfaite, rare. Puis nous suivons le quotidien d’un post frontière, oublié du genre humain. Le style narratif change radicalement : nous entrons dans un langage métaphorique, allégorique et symbolique. Le tout avec beaucoup de retenue, mais la scène de l’enfouissement de la voiture va faire couler beaucoup d’encre dans les cénacles cinématographico-littéraires.
Puis vient le troisième chapitre, tout à fait surprenant, incompréhensible d’abord, où l’on retrouve le couple dans son appartement, en proie aux pires démons que sont la mort et les réminiscences d’un douloureux passé. Puis le bref quatrième chapitre qui est le dénouement de nos incompréhensions. Tout au long de ce récit qui prend son temps (parfois un peu trop, c’est vrai) nous pensons à ce qu’est la représentation des émotions fondamentales de la personne humaine. Ici elles sont incarnées de façon brillante, singulière et passionnante. Ce film a été très commenté en Israël, à cause e.a. de la séquence déclenchée par une canette de Coca Rien n’est simple