Ne vaut pas tripette. Et pourtant, quel tapage médiatique... Un rideau de fumée. Certes il y a deux choses remarquables dans le film : l’incroyable dispositif qui permet de filmer, à leur insu, des gens ordinaires qui accepteront, pour vivre un moment de gloire de foire de province, d’être ridiculisés et méprisés de façon le plus souvent vulgaire. Et François Damien qui est remarquable d’ingéniosité et de sens de la répartie, lui qui a, d’ordinaire un regard de poisson et une expression faciale d’insuffisant mental. Le travail admirable de Kaatje Van Damme, la maquilleuse, y est pour beaucoup. Comme le travail sur les costumes, absolument génial, de Catherine Marchant qui campe des personnages en un T-Shirt trop court, un blouson improbable, une paire de chaussures impensables... Ici, François Damiens est truculent, même si sa sphère d’action est très généralement en dessous de la ceinture. Quand personne ne prétend le diriger, François Damiens arrive à faire le bateleur. Les problèmes de ce film me semblent être de trois ordres.
Il y a des personnages complices et d’autres piégés. Les complices sont totalement sans substance, leurs liens avec François Da-miens sont aux abonnés absents, même la relation avec le fils est strictement instrumentalisée, sans aucun affect et pas la moindre crédibilité. Le gosse apparaît pour les besoins des farces de son
« père », un point c’est tout. La structure du film ne réussit pas à cacher l’indigence de ce qui est prétendument un « récit » alors que ce sont des collages de gags successifs sans réelle cohésion. Bien entendu, on rit, un peu. Et la salle restée généralement bouche baie, se vide dans une ambiance de consternation.Enfin le rythme du film est poussif, les passages de gag à gag sont souvent laborieux, sans aucune vraisemblance, sans le moindre début de continuité, de construction ou de cohérence. La seule chose qui laisse pantois, c’est la découverte d’un acteur qui ne manque pas de caractère, mais qui patauge dans la vulgarité.