Vous pouvez rejoindre ce cercle pour passer un moment à la fois agréable, charmant et qui soulève de sérieuses questions. Agréable parce que les anglais excellent dans la reconstitution de cette époque, celle de l’immédiat après-guerre : musique, costumes, (ne ratez pas les chapeaux !) coiffures, accessoires et décors en tous genres. Charmant parce que les personnages sont admirablement campés, les scènes très joliment écrites, les enchaînements du récit bien huilés et les flashback explicatifs pas trop indigestes. Mais ce que le film laissera sans doute dans nos mémoires, c’est cette réflexion, combien difficile et douloureuse, sur ces amours entre occupants et occupés, avec leurs conséquences poignantes et refoulées généralement. Ici, toute la démarche de l’héroïne du film, auteure, est de faire émerger ces drames et essayer de les dépasser. Le réalisateur Mike Newell est un vieux briscard qui a tout fait, e.a. 4 mariages et 1 enterrement ! Cette maîtrise de la mise en scène, des belles images, contribuent au plaisir du spectateur, surtout s’il n’est pas à la recherche d’une cinématographie novatrice et audacieuse. Le film est adapté du roman épistolaire Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates, rien que ce titre amuse déjà. Le directeur de la photo est un des poids lourd du cinéma anglais : Zac Nicholson, à qui l’on doit e.a. les images de La Mort de Staline, et Le discours d’un Roi. Bref, tout est haut de gamme dans ce film qui est plus qu’un divertissement et laisse une impression très agréable et pas du tout racoleuse.
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