Un film à ne pas manquer qui s’inscrit dans les mêmes problématiques communautaires que celles évoquées dans La Mauvaise réputation (496) Todos lo saben (487) Razzia (487) Call me by Your Name (464) Noces (342) pour ne citer que des exemples récents de scénarios inspirés par la transgression dans un univers communautaire très oppressant. Ici les Juifs anglais traditionalistes, orthodoxes, hassidiques. Pour ceux que cela amuse, admirez les mezouzah qui ornent chaque chambranle des portes de la maison. Un des intérêts du film est de suivre les rituels de deuils. L’histoire est déroulée avec une grande finesse, de nombreux rebondissements intériorisés et interprétée de façon admirable. Par les deux protagonistes, mais aussi tous les autres rôles qui, parfois simples silhouettes d’une seule phrase dans une seule scène, sont parfaits, fascinants, attachants. Au delà de cette immersion quasi anthropologique, il y a une thématique universelle, celle de la soumission à la collectivité ou le courage d’assumer ses désirs profonds, au risque de faire du mal à l’autre pour se faire du bien, survivre même. La pression sociale contre la liberté individuelle. Le traitement de ces thématiques est très fin, complexe et mérite la plus grande attention. Car c’est notre époque qui renforce les communautarismes délétères, les replis sur son groupe religieux, réactionnaire par essence. Vous serez sensibles aux cadrages accentuant sans cesse le caractère étriqué de ces vies, de ces espaces, le regard de chacun sur tous, la proximité des visages tellement expressifs. Soyez attentifs à la musique qui accompagne et participe de façon fine et riche aux multiples moments de tension, d’émotion, de recueillement, qui traversent l’histoire.
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