Ce film contribue, me semble-t-il, à la prise de conscience de ce qu’a été - et est encore - le milieu pourvoyeur de cocaïne. C’est donc un film avec des scènes d’une rare violence, une cruauté physique inimaginable et, à cause de ça, qui mérite d’être mise en scène. L’humanité qui s’organise pour le pire des commerces avec les mœurs les pires qui puissent être. Si tout n’est pas vrai, tout est intéressant. La façon dont le Cartel de Medellin a fait régner la terreur, l’offensive de la police et de l’armée colombienne, l’intervention américaine. La photographie et les décors donnent au film un aspect très affirmé, couleur locale.
Et dans ce monde de monstres, une histoire d’amour torride et épouvantable se développe. Les protagonistes sont éblouissants de talents, Pénélope Cruz de beauté, et Javier Bardem de folie. Deux rôles subliment interprétés, même si c’est au service d’une cause immonde, celle où la vie humaine n’a plus aucune valeur. La grande réussite du film, si l’on peut surmonter ces images abjectes, est de mélanger la dérive mentale, l’organisation mafieuse et un suspens qui ne faiblit pas durant tout le film qui, pourtant, va de rebondissements en surprises, de moments très violents et d’autres paisibles et de bon ton. Un film marquant mais lourd à cause de son contenu.