Locke de Steven Knight (070) avait fasciné : cet ingénieur filmé durant son trajet en voiture, parlant au téléphone avec les autres protagonistes de l’histoire, que l’on ne voit jamais. Le principe ici est le même : un seul acteur, en plan buste, qui travaille dans le central téléphonique des appels d’urgence au Danemark. Et bien, ce cinéma minimaliste fonctionne très bien. Le suspens tient en haleine, le spectateur comprend tout de ce qu’il ne voit jamais. La bande sonore est à la hauteur du défit, remarquable. Le rythme du film est superbement maîtrisé si bien que l’on ne se lasse jamais de voir sans cesse le même comédien, absolument excellent. Une leçon pour acteurs en formation. Deux histoires s’entremêlent, celle des personnes en situation de péril imminent, celle du personnage central dont on découvre petit à petit qu’il traîne une sérieuse casserole. Si la première intrigue connaît une fin bien carrée, la seconde laisse un sentiment d’incertitude qui donne au spectateur un petit goût d’inachevé qui correspond bien à l’esprit du film. « Le coupable » (traduction du titre) est aussi un mot qui semble être le lien entre ces deux sujets entremêlés : peut-on connaître vraiment la vérité d’un crime ? Le film contribue à en douter. C’est plus qu’un exercice de style, même si l’on ne peut se départir de l’admiration que provoque les contraintes spécifiques à ce type de défit narratif. Contraintes remarquablement exploitées et maîtrisées. Une leçon - austère - de cinéma. A voir, sans se sentir coupable.
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