Non d’un chien, quel film ! Âpre, d’une violence de match de box, de combat de chiens, mais d’une puissance de championnat. L’Italie qui nous est montrée là, en bord de mer, abandonnée à la misère ordinaire, aux petits malfrats, est à l’image du personnage central, toiletteur de chiens, débile léger qui aime tous les clébards et sa fille préadolescente.
Mais voilà, ce petit traficoteur qui fournit un peu de coke pour améliorer son ordinaire, va transformer celui-ci en enfer car, contre cette bonté vacillante se dresse, à coups de poings, le mal absolu, violent, une brute que la poudre blanche a transformé en chevalier noir, chevauchant une puissante moto rouge. C’est l’affrontement de ces deux hommes qui est le sujet du film. Hélas, les enjeux ne sont pas suffisamment puissants pour en faire un film
à rebondissement. C’est la tension cruelle, exaspérée, entre ces deux hommes que plus rien n’arrête qui va tenir le spectateur en haleine, de façon stupéfiante. Une image très travaillée contribue énormément à donner à ce spectacle, ensanglanté par les chairs éclatées, une puissance maléfique.
Marcello Fonte en toiletteur de chien, est exceptionnel, un personnage incomparable et qui, à lui seul, fait du film un moment rare. Une scène d’exception aussi est la confrontation de l’ancien déte-nu, cocaïnomane et bourreau de son dealer, lorsqu’il est amené par ce dernier chez la mère du boxeur. Grandiose ! Et les chiens de toutes races expriment la variété humaine dont ils sont le reflet, d’une façon savoureuse. A voir donc, mais pas avant un tête-à-tête romantique. C’est un dur combat de gladiateurs modernes.